Certificat de batterie : le demander avant d’acheter une électrique

Certificat de batterie : le demander avant d'acheter une électrique
Crédit : gimup.com

Sur une voiture électrique d’occasion, la batterie représente une grande part de la valeur, et son usure ne se voit pas à l’essai. Le compteur kilométrique ne dit pas tout : deux voitures au même kilométrage peuvent avoir des batteries en état très différent selon leur climat, leurs recharges et leur histoire. Un certificat d’état de santé de la batterie (SoH, de l’anglais state of health) apporte un chiffre mesuré, que l’acheteur peut comparer.

Ce que mesure un certificat

Le SoH exprime la capacité restante de la batterie en pourcentage de sa capacité neuve. Une batterie à 90 % stocke environ 90 % de l’énergie qu’elle stockait à la sortie d’usine, ce qui se traduit par une autonomie réduite d’autant, à conditions égales.

La voiture calcule elle-même une estimation, via son système de gestion de batterie (BMS). On peut la lire avec un dongle OBD et une application (voir les façons de connaître le SoH). Mais cette valeur interne n’est pas toujours affichée, et ses méthodes de calcul varient selon les marques. Un certificat établi par un tiers, selon un protocole fixe, a l’avantage d’être comparable d’une voiture à l’autre et vérifiable par l’acheteur.

Comment se passe un test : l’exemple d’AVILOO

AVILOO, l’un des acteurs de ce marché en Europe, propose deux tests :

TestDuréePrincipe
FLASHenviron 3 minutes, voiture à l’arrêtle boîtier compare des paramètres de la voiture à une base de mesures de véhicules similaires ; précision annoncée d’environ ±3 % par rapport au test complet
PREMIUMplusieurs jours possiblesmesure de l’énergie réellement prélevée pendant une décharge, en roulant

D’après la notice du test PREMIUM, le déroulement est le suivant :

  • le boîtier se branche sur la prise OBD de la voiture ;
  • la batterie est chargée complètement au départ ;
  • on roule normalement, sans recharger, jusqu’au niveau de charge cible ; le test s’arrête alors de lui-même ;
  • le style de conduite, la température extérieure et le chauffage n’influencent pas le résultat, selon le fabricant ;
  • le certificat arrive par e-mail dans les deux jours ouvrables. Il indique le SoH, l’énergie prélevée pendant le test, l’énergie qu’une batterie neuve aurait fournie, ainsi que les tensions et températures des cellules.

Le certificat imprimé porte un QR code qui renvoie à la version d’origine sur le site du fabricant : l’acheteur peut vérifier que le document n’a pas été modifié.

D’autres prestataires proposent des certificats comparables, souvent par l’intermédiaire de garages ou de vendeurs professionnels. Le principe reste le même : une mesure indépendante, datée, et vérifiable.

Le demander au vendeur

Le certificat n’est qu’un des contrôles à faire avant d’acheter ; la liste complète est dans les points à vérifier sur une électrique d’occasion.

Un vendeur professionnel peut souvent fournir un certificat récent. Entre particuliers, proposez de le faire faire, ou de partager le coût. Vérifiez :

  • la date : un certificat de plus de quelques mois reflète moins bien l’état actuel ;
  • le numéro VIN indiqué sur le document, à comparer avec la carte grise et la voiture ;
  • l’authenticité, via le lien ou le QR code du prestataire ;
  • le type de test : une estimation rapide n’a pas la précision d’une mesure sur une décharge complète.

Interpréter le résultat

Un SoH seul ne suffit pas. Comparez-le à l’âge et au kilométrage de la voiture, et à la garantie batterie restante, souvent exprimée elle aussi en pourcentage de capacité. Pour situer les ordres de grandeur, le règlement européen Euro 7 fixe pour les voitures nouvellement homologuées une durabilité minimale de 80 % de la capacité d’origine après 5 ans ou 100 000 km, et de 72 % après 8 ans ou 160 000 km. Les voitures déjà en circulation ne sont pas soumises à cette règle, mais elle donne un repère.

Un écart important entre cellules, signalé sur le certificat, mérite une question au vendeur et, si possible, l’avis d’un atelier (voir ce que trahit une cellule déséquilibrée).

Les limites

  • Un certificat mesure la capacité, pas l’ensemble des défauts possibles : une fuite du circuit de refroidissement ou un défaut d’isolement ne s’y voient pas forcément.
  • Il ne remplace pas l’historique d’entretien, les factures et la vérification des rappels du constructeur.
  • Il ne dit rien de l’état des pneus, des freins ou des trains roulants, à contrôler lors de l’essai.

Sources

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