
Des panneaux solaires sur le toit, une voiture électrique dans l’allée : l’idée de recharger « au soleil » est séduisante. Elle fonctionne, mais pas toute seule. Le principal obstacle n’est pas technique, il est horaire : le soleil produit en journée, quand beaucoup de voitures sont au travail.
Deux façons de recharger au solaire
- Recharger sur le surplus : la borne n’utilise que l’électricité produite en trop par les panneaux, celle qui serait sinon injectée sur le réseau. C’est la solution la plus économique, mais la plus lente et la plus irrégulière.
- Mélanger solaire et réseau : la borne prend ce que les panneaux fournissent et complète avec le réseau pour garantir une recharge dans un délai donné.
Hager décrit ces deux logiques pour sa borne witty solar : un mode « solaire » où la voiture se recharge uniquement avec le surplus photovoltaïque, et un mode « éco » qui combine solaire et réseau pour garantir la fin de charge même quand la production varie. La borne ajuste automatiquement le courant de charge, à la hausse quand un surplus est disponible, à la baisse quand il diminue.
Ce qu’il faut pour que ça marche
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Une installation photovoltaïque | produire ; plus elle est puissante, plus le surplus est utile |
| Une borne pilotable | moduler la puissance selon le surplus |
| Une mesure des flux | savoir à chaque instant ce que la maison produit et consomme : compteur Linky avec sortie de téléinformation, ou compteur de mesure dédié selon le niveau de pilotage |
| Une voiture présente en journée | sans elle, pas de recharge solaire |
Une prise, même renforcée, ne sait pas moduler sa puissance : elle ne permet pas de suivre le surplus (voir prise ou borne : le comparatif).
Ce qui freine la recharge solaire
Le seuil de démarrage. Une recharge en courant alternatif ne descend pas en dessous d’une certaine puissance. Par temps couvert ou en hiver, le surplus peut rester sous ce seuil, et la recharge ne démarre pas en mode « solaire pur ».
Les pertes. Recharger lentement coûte un peu plus d’énergie. Dans les essais de l’ADAC publiés en août 2026, les pertes restaient sous 13 % pour tous les véhicules testés à 4,2 kW, puissance typique d’une recharge sur surplus, contre moins de 7 % à pleine puissance de la borne (voir l’étude des pertes de recharge).
L’hiver. La production chute de novembre à février. Le réseau prend alors le relais.
Les heures creuses. La CRE a engagé la généralisation progressive d’heures creuses l’après-midi en été, précisément parce que la production solaire est abondante à ce moment-là. Si vous n’avez pas de panneaux, ces nouvelles heures creuses offrent une partie du même avantage (voir programmer la recharge aux heures creuses).
L’installation : un travail de professionnel
Ce n’est pas un projet à monter soi-même. Hager précise qu’un système de recharge solaire doit être confié à un installateur qualifié IRVE : pose du compteur de mesure, raccordement de la borne et du gestionnaire d’énergie, réglage des modes et essais de conformité à la norme NF C 15-100. Les panneaux eux-mêmes relèvent d’un installateur photovoltaïque.
Avant de vous lancer, deux questions simples : votre voiture est-elle souvent garée chez vous en journée ? Et combien de kilomètres faites-vous par semaine ? Si la réponse est « rarement » et « beaucoup », la recharge solaire couvrira une petite part de vos besoins. Le reste viendra de la recharge de nuit.
Et la batterie ?
Recharger lentement en journée ne fait pas de mal à la batterie, au contraire : c’est une recharge en courant alternatif, douce. Pensez simplement à régler la limite de charge comme d’habitude (voir la limite de charge à adopter).
Sources
- Hager, Borne witty solar (page du fabricant)
- autohaus.de (ADAC), ADAC analysiert Ladeverluste: Wallbox spart Strom, Steckdose nur Notnagel (article du 6 août 2026, en allemand)
- Connaissance des Énergies (AFP), Lancement d’une consultation de la CRE pour généraliser des heures creuses l’après-midi l’été (dépêche du 17 octobre 2024)